Aller au contenu

Combien consomme un prompt Copilot ?

Un prompt Copilot coûte vraisemblablement 0,31 Wh d'électricité, dans une fourchette de 0,16 à 0,60 Wh. Le chiffre vient de Microsoft, et il ne mesure pas Copilot : c'est la médiane d'une simulation de l'inférence à grande échelle, publiée dans Joule en avril 2026 (vérifié le 30 juin 2026). Cette nuance décide de ce que vaut le chiffre, et cette page la déplie.

0,31 Wh
Médiane simulée, intervalle interquartile 0,16 à 0,60 Wh : aucun chiffre officiel pour ce produit

Recherche vérifiée le 30 juin 2026 · Sources : Oviedo et al. : « Energy use of AI inference, efficiency pathways, and test-time scaling », Joule (avril 2026, DOI 10.1016/j.joule.2026.102430 ; préprint arXiv 2509.20241) : médiane de 0,31 Wh par requête, intervalle interquartile 0,16 à 0,60 Wh · Microsoft Cloud Blog (15 juin 2026) : « Scaling AI with 8 to 20x energy efficiency », 0,16 à 0,60 Wh et 0,0 à 0,067 mL d'eau pour une requête type · Google Cloud (21 août 2025) : impact environnemental de l'inférence IA, 0,24 Wh, 0,26 mL d'eau et 0,03 g CO₂e pour le prompt texte médian de Gemini Apps · OpenAI / Sam Altman : « The Gentle Singularity »

D'où vient le chiffre de 0,31 Wh ?

D'un article évalué par les pairs, signé par huit chercheurs de Microsoft : Felipe Oviedo et ses coauteurs, « Energy use of AI inference, efficiency pathways, and test-time scaling », Joule, avril 2026 (DOI 10.1016/j.joule.2026.102430, préprint arXiv 2509.20241 déposé en septembre 2025). Aucun wattmètre n'a été branché sur un serveur. La méthode est une simulation de Monte-Carlo. Les auteurs partent des débits publiés de modèles à poids ouverts, en tokens par seconde sur des nœuds équipés de GPU H100. Le modèle de référence pèse 200 milliards de paramètres. Ils font varier la longueur des requêtes et les conditions de service. La sortie est une distribution, pas un nombre : médiane 0,31 Wh, intervalle interquartile 0,16 à 0,60 Wh. Le dépôt de code publié avec l'article qualifie ces résultats de « directionnels » plutôt que de mesures définitives, et dit ce qu'ils laissent dehors : ni fabrication du matériel, ni cycle de vie complet.

Pourquoi ce chiffre ne mesure-t-il pas Copilot ?

Parce que Microsoft ne le prétend nulle part. Le billet du blog Microsoft Cloud du 15 juin 2026 cite Copilot une seule fois, dans sa phrase d'ouverture, comme exemple de service reposant sur un grand modèle de langage. C'est une illustration, pas une attribution. Copilot ne tourne pas sur les modèles à poids ouverts que l'étude simule : il s'appuie sur les modèles d'OpenAI et sur les modèles maison de Microsoft, dont les débits réels ne sont pas publics. La simulation encadre donc Copilot, elle ne le pèse pas. La situation ressemble à celle de Claude, où aucun chiffre officiel n'existe non plus, à ceci près que l'encadrement est ici bien mieux étayé.

Ce chiffre est-il cohérent avec ceux de Google et d'OpenAI ?

Oui, et c'est ce qui le rend utile. Google a mesuré 0,24 Wh pour le prompt texte médian de Gemini Apps, le 21 août 2025, sur son propre parc. OpenAI a annoncé 0,34 Wh pour une requête moyenne, le 10 juin 2025, sans note de méthode. Microsoft simule 0,31 Wh. Une mesure, une déclaration et une simulation, produites séparément, tiennent toutes les trois entre 0,24 et 0,34 Wh. L'hypothèse de 0,3 Wh que ce site retient pour un prompt texte tombe à 3 % de la médiane de Joule. Les auteurs vont plus loin et contestent de front les estimations les plus reprises : ils les jugent surévaluées d'un facteur 4 à 20, parce qu'elles supposent des conditions hors production, sans traitement par lots et sur du matériel sous-occupé. L'argument est technique et il tient. Il vient aussi d'une entreprise qui a intérêt au chiffre bas, et ce site le garde en tête.

Et l'eau ?

Le même billet donne 0,0 à 0,067 mL par requête type, avec une médiane que Microsoft décrit comme moins d'une goutte. L'écart avec Google saute aux yeux : 0,26 mL pour Gemini, soit près de quatre fois le haut de la fourchette de Microsoft. Les deux chiffres portent sur l'eau consommée sur site pour refroidir les serveurs, et aucun des deux ne compte l'eau prélevée en amont pour produire l'électricité. La différence tient au parc et au climat : la part de refroidissement à air, l'efficacité d'usage de l'eau et l'emplacement des centres pèsent plus lourd que le modèle. Comparer deux chiffres d'eau entre fournisseurs revient à comparer deux géographies, pas deux IA.

Que change une requête de raisonnement ?

Tout, et c'est le résultat le plus citable de l'article. Une requête de raisonnement ou d'agent augmente la consommation de plus d'un ordre de grandeur : elle produit beaucoup plus de tokens et laisse traiter moins de requêtes en parallèle. Les auteurs portent le calcul à l'échelle d'un service entier. Si 10 % seulement des requêtes quotidiennes basculent en mode raisonnement, la consommation totale fait plus que doubler. Copilot met justement en avant ses modes agent et raisonnement. La médiane de 0,31 Wh décrit donc l'usage d'hier, pas celui vers lequel le produit va. Les mêmes auteurs attendent à l'inverse des gains d'efficacité, côté modèles, serveurs et puces, capables de diviser l'énergie par requête par 8 à 20. Les deux forces tirent en sens contraire, et personne ne sait aujourd'hui laquelle l'emporte.

Un prompt Copilot en gestes du quotidien

Aucun chiffre officiel n'existe pour Copilot : ces équivalences utilisent l'hypothèse standard du site pour un prompt texte (0,3 Wh, 0,3 mL, 0,2 g), pas une donnée du fournisseur.

Ce chiffre dit ce que coûte un prompt, pas ce qu'il rapporte. Pour une TPE ou une PME, la vraie question arrive juste après : quels usages de Copilot valent le temps qu'ils prennent, et lesquels tiennent du réflexe. C'est le terrain du studio ghis.fr, qui édite ce calculateur. Ici, on mesure et on source.

Les autres modèles